01 كانون اول, 2006
رواية الروائي العراقي مجيد الربيعي, مترجمة إلى الفرنسية, وقد قمت بترجمة هذه الرواية إبان الغزو الأمريكي للعراق, والرواية التي تحمل عنوان الوشم رواية تستجلي تاريخ العراق في فترة زمنية محددة, وهي مكتوبة بتقنية فنية تذكرنا بروايات الكتاب الروائيين الكبار مثل فوكنر وجويس, فمتن الرواية تتداخل فيه الفلاش باك مع الحاضر حاضر الراوي وبطل الرواية كريم الناصري, كما إنها مكتوبة بلغة شعرية حتى يخال للقارئ بأنه يقرا شعرا
La première chose que ressent le lecteur de « Tatouage », roman de l’Ecrivain Irakien, Abdul-Rahman Arubaie, c’est le style du récit. qui, s’appuie sur un mélange de la poésie et de la prose, d’un côté, et la technique, de flash-back, d’autre part. Dès les premières pages, le lecteur se trouve confronté à une succession des évènements, où, le passé et le présent se mêlent, avec tous ses moments de joie, de tristesse, de l’ironie et de l’indifférence vis-à-vis de ce qui se passa, et de ce qui se passera. Une technique, qui, ressemble à une horloge sans aiguilles. Il faut sentir profondément le temps, pour pouvoir synchroniser les évènements du récit, une technique qui fait penser aux techniques des grands écrivains, comme ; Faulkner et Joyce.
La vie est-elle, parfois, meilleur dans le prison qu’à l’extérieur ? Cette synchronisation entre ce qui est intérieur et ce qui est extérieur, Majid Alrubaie le fait avec une réalisme duelle où il n’y a de rêve sans le réel, et pas de réel sans le rêve.
Dès les premières pages, on comprend que les personnages du roman sont d’une intelligence supérieure, socialement et culturellement. Même les mesquins entre eux, trouvent quelque chose à raconter, que ce soit à propos de leur situation, de leur défaite politique, ou de leurs soucis et les futilités du quotidien.
Dans le centre de détention, Karim dit à Hasson- Ne soit pas si triste.
Hasson répliqua- Aujourd’hui, je sens que je ressemble à la cigogne de l’église.
Karim lui demanda - Et qu’est-ce qu’elle a cette cigogne ?
Hasson - On dit qu’elle n’a pas de religion, elle est ni musulmane ni chrétienne, ni Sabîane . Tous le monde le nie.
Karim - D’où est-ce que tu as eu ce proverbe ?
Hasson - Est-il impossible pour Hasson d’inventer un proverbe ?
On peut comparer, la libération de Karim du prison, avec celle de Saîd Muhran, l’héros de « Le Voleur et les Chiens » roman de l’Ecrivain égyptien Najib Mahfouz.
Qu’est-ce qu’il va faire de sa liberté, « dans le monde des bouffons et des fantômes » ? Voilà, il est libre, mais « la liberté donne la nausée », comme le souligne Sartre dans « Les Mains Sales ».
Saïd Muhran a voulu de se venger de ses camarades qui l’ont trahi, mais avec un esprit romantique et de rancœur. Tandis que Karim a pu recommencer une nouvelle vie, malgré le regret qui ronge sa conscience et qui lui attriste à cause de sa défaite politique. Il trouve des excuses, quand il pense à ceux qui l’ont piégé par leurs slogans. Ceux-là, qui sont capable d’assassiner quelqu’un et ensuite le glorifier comme un héros de la cause nationale. La défaite de Saïd Muhran, avant et après son emprisonnement, est due à son jugement des gens, des événements et des choses, avec son émotion malsaine et son avidité matérialiste. Son lutte n’était pas pour un monde meilleur. Quant à Karim Alnassiri, il essaye, avec courage, de juger les choses avant et après sa détention, avec son logique à lui. Et ceci, malgré ses considérations romantiques de sa déception amoureuse, sa colère, et ses dégoûts de ce qu’il a et de ce qu’il n’a pas. Au moment de la clarté et la lucidité, il regarde la vie avec une conviction qui est « la raison est l’outil de la cognition. Elle ne peut donc pas percevoir l’inconnue. Elle ne peut que décoller de ce qui percevable vers ce qui est inconnue, comme le dit, le penseur indien, Krishna Morte dans son livre, « La Première et la Dernière Liberté ».
Mais quand il « Karim» est colérique, il se replie sur lui même, essoufflé devant l’inconnue et devant ce qui est concevable. Il est certain qu’il a perdit beaucoup de chose, chère à lui, quand il repasse, en vie, ses souvenirs dans sa ville, Alnassiriya. Il ressent un dépaysement, qui, lui pousse à en décoller, comme un révolutionnaire, qui y a accomplit sa tache, mais il est alourdi par des remises en questions, « qui lui pulvérisèrent l’os, la chaire et les nerfs ».
- De toute manière le voyage m’offrira l’occasion de recommencer.
C’est ça qu’il dit à Hasson Assalman, son ami, et en effet il commença, et il était sauvé du désespoir. Un travail « dans le département de la média, dans une société coopérative», avec un salaire qui lui garantie, une vie Bohémien, pour alléger la lourdeur d’un monde où toute était « mal fait ».
Il ne demande plus que la paix, « mais comment ? ».
Dans sa nouvelle vie, Karim Alnassirie découvre qu’il n’est pas le seul, « qui a perdit son présent avec toute les chaleureuses affections, et les attentes grandioses ». Il y a encore des plus malheureux que lui, malgré qu’ils n’étaient jamais emprisonné. Et il « Karim » est non plus, le seul coupable, comme lui disait son amis, Hasson Assalman, lui aussi, il est dans la même situation que Karim, c à d dans une situation politique entaché par l’honte et la défaite. Mais Hasson renonce et se convertit et s’emboutira sans avoir le courage de Karim Alnassiri, qui, met sa vie en un état de projection. Dans son nouveau monde du travail, il rencontre Mariam Abdalla, « Elle était vendu par son père à un homme qui a vingt ans plus qu’elle, pour rembourser sa dette » Elle aussi, elle recommence une vie autre que celle dont elle rêvait, « puis, je trouvai mon bonheur avec Wissal et Hind ». C’est son problème et le problème de millions comme elle dans le monde arabe, qui, connaissent encore, des pères qui vendent leurs enfants, filles et garçons. Bien que les problèmes de la nouvelle génération masculine, dans le monde arabe, est de l’ordre politique, et celle de la génération féminine est essentiellement de l’ordre familiale. Seulement, une partie marginale y est de l’ordre politique, et elle est souvent dépendant de la génération masculine. C’est ainsi que Karim trouva une consolation dans sa nouvelle vie, quand il s’est rendu compte que personne est absolument libre ; car le victime et le criminel sont tous les deux condamnés « et qui est libre dans ce pays, Mariam ? ». Dans le contexte de sa réponse à Mariam, quand elle lui interrogea sur l’amour, il résume son histoire lunaire de la manière suivante « elle était de ma ville, mais la politique nous sépara, et chacun est parti dans un chemin ». c’est en ce sens là, que Karim trouva son amour et sa perte. Mais Mariam, qui, ne connut son mari que la nuit de noce, est encore capable de laisser tomber, avec malignité, Gahtan, son gros amant, pour sortir avec Karim ou quelqu’un d’autre.
- Gahtan, je l’ai piégé.
Tu ne t’ennuie pas des hommes, espèce de saloppe!
Ici, nous comprenons que son bonheur avec ses filles est une bonheur fausse, ce n’est qu’un prétexte, ou une consolation fausse, pour se sauver de la désespoir absolu. Mais cette attitude se combine, dans sa tête, avec une aventure folle, terrifiante, comme celle qui se passa entre Mme De Ronald et Julien Sorel, dans « le Rouge et le Noir » de Stendal. C’est un amour qui rende la considération à une femme, qui, tombe amoureuse à une age tardive. Mais c’est un amour mortel et révélateur de l’enterrement.
Et on découvre, ensuite, que Karim assiste à une nouvelle ère, dans sa ville Alnassiriya, l’ère des paysans qui sont devenus des civiles, en apparence uniquement. Après avoir abandonné leur terres, qui, ne pouvaient plus leur nourrir. Karim assista à une cérémonie d’une grande fête organisée par l’Etat. Il se rendit vite compte, que leurs réactions émotionnelles, étaient plutôt de genre réactionnelle et conservatrice. Ils applaudissent, bêtement d’ailleurs, pour n’importe quel bruit ; le son d’un tambourin, le sifflement d’une trompette, un mouvement des croupes, que pour une pensée. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas fait attention au discours, que Karim prononça, sans enthousiasme, pendant la fête. Mais la récompense lui était offerte par Assil Omran, la sœur de Majid Omran, avec qui, il trouva certains moment de bonheur dans le centre de détention, « malgré que Omran était considéré comme une personne réservé et complexe par les autres ». et ce rencontre avec Assil, sera plus tard, un étincelle de bons souvenirs ; le jour, où il était « libre comme un oiseau ». ce peut nous apparaître, qu’il se comporta avec elle d’une manière Pironien*. Mais, quand on regard le fond, on trouve que c’était plutôt l’art de la séduction, un étincelle de souvenir puis le choc, quand il apprend que Hasson, son amis, se mariera avec elle. Sa défaite politique lui imprégna de séquelle de morosité qui lui pousse à alléger son être fiévreux. C’est pour cela qu’il joue un rôle irresponsable et comique, à la fois, avec un chauffeur de taxi, il se bonda devant lui, et lui met un poignard sur la gorge. Karim se comporte d’une manière hautain vis à vis de la futilité. Avec Assil Omran, par exemple, il haie d’être « une partie de ses souvenirs, parce qu’il veux être pour elle ». et avec Mariam Abdallâh, il ne veux pas construire sa vie, sur la ruine de celle de Mariam.
- Tu es intelligent Karim, et c’est ça ta malheur. C’est ça que Majid Omran lui dit, au prison. Il avait raison, car l’intelligence aigu peut provoquer la morosité, l’ennemie des intelligents. A ce moment-là, il faut faire face à cet ennemie par la révolte, ou par la .
On comprend qu’Allwuan Alhalag ne peut pas avoir les mêmes angoisses que Karim, car il a un tempérament de spontanéité inné, « Certains se réveille, avec une belle femme de cheveux en soie, dans les bras. Quant à moi, je me réveille avec les grands pieds de Karim dans mes bras. ». s’il ne raconte pas une blague, il fait des exercices, ou il reçoit un coup de pied d’un amis, avec le même esprit de gaieté, qu’il a quand il raconte ses blagues. Karim est le seul qui resta sans foi. Ses amis trouvèrent la paix en la religion, comme Hamid Alshalan, d’autres la trouvèrent au mariage et en la religion, comme Hasson Assalman. C’est le seul qui resta un sujet qui suscite leur pitié, et ils lui espèrent, naïvement, qu’il se marie, pour lui partager la joie, le jour du noce. Karim demeura à boire son sang, par ce qu’il a confiance en rien. Que ce soit l’appartenance politique, ou la femme. Il voit une fille, qui, lui fait penser à l’image d’Hélène l’Héroïne de Troie, qui tourmenta deux peuples, une dizaine d’année durant, à cause d’une aventure amoureuse, alors il écrit à son ami Hasson ; « Elle s’imposa à moi avec un seul regard. Peut-être je l’oublierai dans quelques minutes, ou je courrai derrière elle jusqu’au dernier souffle ». Des fois il se comporte avec elle, comme quelqu’un mature, et d’autres fois il se porte comme un adolescent, malgré toutes les expériences qu’il a, et dans lesquels il est tombé par hasard ou par une ambition aveugle. Il est probable, que, le fait de rechercher une réalité perdue, ou violé, ou l’inconnue et attendue, est un preuve que cette réalité n’existe pas. Donc il nous créer cette réalité, et quand l’homme se fatigue à la rechercher ou à la créer, il se refuge dans le rêve : « J’avais envie de toucher les mains d’Assil Omran, et de se promener avec elle sur le rive de l’ Euphrate, au ouest de la ville.
Sous un titre perplexe « détruisant la langue française » Christophe Bataille, écrivait en exaltant d’écrire dans le délit, avec le désir affiché de briser la grammaire, de balayer l’orthographe. Il faut décapiter, écrit-il, l’hydre de louis, le français toujours naissant qui essoufflé dans son jabot de soie. Pour autant, écrire à la suite de ceux qui ont bouleversé les formes n’est pas chose facile. Qu’écrire après Finnegans Wake de Joyce ? Cette angoisse postmoderne, la crainte d’écrire le déjà dit, le déjà rêvé, c’est d’abord la peur de penser ce qu’on sait pas encore. Nul ne connaît la forme du nouveau souterraine, pas même son auteur. Sans aucune doute le jeune Gide, le jeune Proust, le jeune Apollinaire sans parler des dadas, ou de Faulkner ivre devant sa vieille machine,
Le Tatouage.
Roman.
Abd Al Rahman Majid Al-Rubay’i.
Essaye de Traduction : Ismail Taha.
1.
Après un long étouffement, Karim Alnassirie respira la fraîcheur de la rue. Sept mois d’emprisonnement injustes, l’ont encerclé de terreur, et lui pulvérisa l’os, la chaire et les nerfs. Il sortit du prison, avec sa haute taille, souriant comme il l’était jadis. Il rendit visite aux siens et aux amis. Mais quelque chose était détruit dans son for intérieur. Et cette apparence normale et respectueuse n’était plus qu’un masque pour cacher ce qui lui reste, après l’irréparable ravage. Et quand il passe en revue les chose dans sa ville (Alnassiriya) -les gens, les immeubles, les ruelles et les cafés-il ne retrouve plus l’affection chaleureuse, qui, le liait jadis, avec la ville. Un désir fiévreux, d’exile lui envahit le corps, et une voix l’appelle de son for intérieur, de prendre ses camarades et de décoller, peut-être que, son être assoiffé trouvera un refuge plus sécurisant ailleurs.
Quand il se jeta dans le train montant vers Bagdad, Hasson Assalman lui dit :
- Karim, j’espère que tu prends conscience et que tu nous reviendras le plus vite possible.
-Et pourquoi revenir ? Comment oseront nous de nous montrer aux gens ? Répondit-il.
-Tu parle comme si tu es le seule coupable.
-De toute manière, le voyage m’offrira l’opportunité de recommencement.
Hasson leva ses yeux vers Karim et respira la fragrance d’une amitié réelle, ce qui poussa celui-ci, à pleurer, après avoir été accablé par une longue stupeur. ( L’affaire s’était terminé là, et d’une manière malséante et froide).
Dans le monde des fantômes et des bouffons, Karim al-nassiry essaya de récupérer sa confiance perdue et de trouver une place. Mais il se comporta douteux, face a cette ville qui ne cesse de lécher ses blessures et sombrer dans deuil.
Il tituba dans les chemins de l’obscurité et de l’épuisement.
( Je rôde dans des rues où personne ne m’y connaît, reste des heures dans des cafés isolés, lis des vieux journaux, regarde la télévision et ne cesse de chercher, avec endurance, un travail, qui, dispersera l’effet de la lassitude que je ressens.
Je travaille comme plongeur dans des restaurants, nettoie les rues, travaille comme serveur dans des cafés pauvres, porte des briques et m’enveloppe dans l’oublie et la léthargie. Et quand la nuit prend fin, je me refuge dans un hôtel bon marcher, qui se trouve dans une ruelle donnant à l’avenue d’Al-rachîd, fréquentée par des soldats, des malades et des fonctionnaires renvoyés, qui se sont afflués vers Bagdad, à la recherche d’un travail, après avoir été éjecté par les centres de détention, dépouillés de leurs travails et de leur slogans pour les quels, ils fûmes le clown longuement. Et tu sais Hasson, je me trouve parmi eux comme quelqu’un qui a perdu son travail, son engagement et sa ville. Quelqu’un qui a perdu son présent avec toute ses chaleureuses affections et ses grands espoirs, et qui survie avec la mince somme dont la µ/famille lui porte en secours, chaque fin de mois.
Mais, et comme des caravanes des anges, le soulagement m’est parvenu lentement. J’étais nommé dans une société coopérative, au département de publicité, où je tenais un lien d’amitié avec un des fonctionnaires, je suis nommé avec une salaire suffisante, je peux donc, continuer à boire, à manger, à lire et à fréquenter le bordel. L’éveil est mon malheur, et le remord ne cesse de me tenailler et de ronger mes jours. Et c’est pour cela que je décidai de ne jamais m’éveiller. Cette tête restera engourdi jusqu’au dernier souffle)
Dans l’immeuble de la société coopérative, le bureau de Karim se trouve au bout d’un long couloir, avec une seule fenêtre donnant sur une rue morte avec un petit magasin et trois maisons dont les portes ne s’ouvrent que rarement.
Deux tables sont installés dans le bureau, une est occupée par Mariam Abdallâh. Abdallâh, la secrétaire, elle est de petite taille, basanée, avec des yeux noirs foncés, entourés de cils noirs denses et charmants, sa taille est atrophiée comme une jeune pousse tenaillée par la sécheresse. elle porte une bague, et elle est marié depuis quelque années, avec un homme qui travaille dans la même société et elle a deux filles.
Mon corps est jeté par terre dans ce centre de détention désolé, qui était jadis, un centre de cavalerie, c’était l’époque où la ville de Nassiriya était au début de son émergence. l’époque où les mouvements de rébellion se multipliaient au sein des clans qui vivaient autour de la ville, et où l’accès y étais difficile par les moyens de transport normaux.
La stupeur envahit mon être et le pique, par des élancements perpétuels. Le rêve n’a plus d’ espace ample. Le corps est condamné, et en train de mâcher ses jours paresseux, en pensant à ses choses perdues chers a mon coeur; les ruelles de Nassirya, les livres, mon père, Assil Omran et nos promenades sur le rive de l’Euphrate. Mais les visages des détenus, tels des demons qui se prêtent à dévorer un festin obscure, barrent la route devant moi, j’étouffe mon orgueil, et j’entend au fond de moi, l’écho d’une défaite aiguë. Je me retourne et je sors le seule romans qui s’est insinué au centre de détention à la dérobé, j’en lis quelques pages, je crache dessus et je le jette, puis je me lève en insultant.
Aucune oreille n’écoutera ma voix solitaire, les lampes sont toutes assoupis, et les battements quotidiens de mon cœur ne laisse aucune trace sur ces visages, que flagelle la lourdeur de l’affliction. Les jours passent, tendus, contrairement aux autres jours de la bringue, de l’amour, les jours où je rôdais à la recherche d’un rêve qui apaiserai la fièvre des gens. Il ne reste plus d’espace devant les retraités pour qu’ils passent en revue les médailles de leur passé rouillé.
-Tu sais Karim, j’étais petite quand il m’épousa, il y a vingt ans de différence entre lui et moi, je ne l’ai connu qu’à la nuit de noce. C’étais un marché que mon père avait conclu pour cacher sa perte. Au début, je pleurais, mais par la suite j’acceptai l’affaire et plus tard, je trouvai mon bonheur avec mes deux filles, Wissâl et Hind.
Peut-être le fait que Majîd Omran soit à mon côté m’offre certain paix. Ce fonctionnaire élégant qui était si chiche, même de ses salutations aux autres, quand il saluait quelqu’un, il le faisait froidement, comme les Rois Perses de qui il tire son origine. Tous le monde lui parlait brièvement et partait, mais quant à moi, il est plus que les salutations, plus que la détention et la froideur de la nuit. Combien de fois je fixais le regard sur ses yeux brillants, cette lueur perse splendide qui s’éclate à travers des longs cils noirs, semblable aux fronts des Noirs, et je me réjouie comme si je regardais les yeux de sa sœur Assil, que j’ai connu quand j’étais libre comme un oiseau, comme des nuages d’été.
-Et que je puisse faire pour toi Mariam ?
Dit tous ce que tu veux sur moi, fait tes jugements et écrit tes conclusions, mais je dois lui tendre la main, et surmonter ma déception. Il y a une autre nouvelle, plus à mon travail à la coopérative, j’étais nommé comme rédacteur dans un des journaux, mais j’écris avec un pseudonyme que je change de temps à autre. Je ne veux pas exposer mon nom entacher à la lumière, il le faut encore du temps pour qu il se purifie, ça peut être court ou long, je ne sais pas peu importe de toute facon.
-Karim, est-ce que tu es tombé amoureux, un jour ? la question lui resta sur la gorge, et quand son silence perdura, elle ajouta-Est-ce que ma question te gênes ?
-Non, pas du tout, mais je cherche à te répondre.
-Bien.
-Mariam, il y a rien qui suscite l’étonnement dans mon histoire. L’essentiel, c’est que je l’ai oublié. Elle était de ma ville, al-Nassiriya, mais la politique nous sépara et chacun a fait son chemin.
-Est-ce qu’elle était belle ?
-Pas plus que toi, de toute façon.
Elle sourit, jeta sa torse en arrière, puis respira profondément, sa poitrine se bonda.
Est-ce que je peux recommencer avec Mariam ? Je me pose la question. Mais j’hésite, et j’éloigne toute l’histoire de ma tête, car dès le début je vois que c’est une histoire qui est sans issue. Oh ! Hasson, je croix que je délire. D’où aurai-je la pureté ? Comment aurai-je le contentement de Hamid alsh’alan, et l’enthousiasme de Riyad Qasim ?
-Est-ce que tu espères être aimée un jour?
-Et quel est l’intérêt ?
-Ça c’est une autre histoire, mais je veux que tu réponds à ma question d’abord.
-Non.
-Et pourquoi, ce non tranchant?
-Dans une situation pareille et à cet age, il faut qu’il soit fou.
-Mais tu mérite d’être aimée ?
-Tu te trompes, répliqua-t-elle, en riant avec douceur. Puis elle respira, d’un air soulagée, car elle trouva un sujet pour en bavarder avec Gahtan, son gros amant.
2.
Alnassiriya notre petite ville calme, vers où, nos ancêtres se sont émigrés à la recherche d’un nouveau travail, qui, pourrait nourrir leurs enfants affamés, après avoir laissé derrière eux, une terre qui ne pouvait plus leur offrir du pain, se protège par l’Euphrate, en lui jetant des offrandes et allumant ses bougies, pour que demain soit meilleur et plus sécurisant.
Notre ville blessée, et qui devenu incapable de se plaindre des voleurs et des mercenaires de l’époque royale, commence à respirer et à chanter. En ce jour chaud d’été, le ciel du sud est tapissé par un éclat bleuâtre. Les invités commençaient à se défiler vers l’immeuble de l’école centrale, pour assister à une rencontre, organisée à l’occasion d’une fête nationale grandiose. J’étais invité pour contribuer à cette fête, et comme je déteste les discours agités, mon discours était languissant et lent. Le publique l’accueillit avec indifférence et se préoccupa plutôt d’essuyer la sueur perlant sur les cous et les fronts.
-Ton discours étais sincère.
Je me retourna vers la voix qui fait mon éloge, je respira alors le parfum de ses grandes yeux qui m’ont accueilli, puis, je laissai un moment, les rênes à mes regards pour qu’ils évoluent dans ce beau visage agréable, avant de répondre.
-Merci. Puis je suis allé, vers une autre place pour contempler un tableau, elle me suit.
-Qu’est-ce que tu en penses ?
-Il est saccadé.
Elle resta perplexe, pour un moment, devant mon critique, et elle rétorqua- Il est à moi.
-Est-ce que tu es peintre ?
-C’est ça qu’on dit, répliqua-t-elle en riant.
-Est-ce que tu es originaire de cette ville ?
En hochant la tête, elle dit oui, et ajouta ensuite- Et je suis institutrice dans cet école.
-Mais je ne t’ai pas vu auparavant.
-Mais moi, je t’ai vu plusieurs fois, et je t’ai reconnu, Karim Alnassiri, c’est ça ? Quel célèbre nom, je l’ai vu une dizaines fois sur les magazines et les journaux.
L’éloge enflammé m’a fait sentir la fatuité.
-Et toi, comment tu t’appelles ?
-Assil Omran.
-Enchanté.
-Ma rencontre avec vous sera une bonne partie de mes souvenirs.
Avec un sourire calme, je commentai sa parole :
- Mais moi, je n’aime pas être, uniquement, une partie de souvenir de quelqu’un.
Etonné, elle s’interrogea- Et pourquoi ?
-Par ce que je veux être tout pour lui et non pas une partie.
Je me suis échappé, en la laissant là debout et perplexe.
le soir tomba sur Karim, comme si des milliers de charges lourds tombaient sur sa tête. Au bureau du journal, il n’y a que lui, les autres rédacteurs sont parti. Pour la quatrième fois, l’ouvrier de l’imprimerie se dressa devant lui- Eh bien, tu n’as pas encore terminé ton article ? Il ne reste plus d’espace, tu sais.
-Reviens dans cinq minutes.
En cherchant celles qui sont voulus, il tourna en rond entre les mots, et il les trouva tous séquestrés.
Il s’adressa à l’ouvrier- Remplis l’espace par un autre sujet.
L’absolue, la lumière, l’éveil, l’intégrité, et la satisfaction sont des fins qu’on cherchait, pendant que nous manifestions, nous nous réunissions, nous dispersions et pendant que nous étions prisonniers. Mais la réponse restait flou.
Tu n’es pas d’accord avec moi, Hasson ?
Pourquoi s’entend elle avec moi ? pourquoi se plaint elle devant moi, et me présente-t- elle un rapport sur son mouvement quotidiens ?des fois je me réponds et je dis ; certes, ça l’arrive par ce qu’elle a un désir affamé pour entendre un compliment qui sort d’entre les lèvres d’un garçon qui a la même age et rêve qu’elle. Et d’autres fois je sens que mes explications sont fausses, et je condamne ces sentiments tordus. Et je me culpabilise, par ce que je suis entré le monde de cette femme entravée, pour satisfaire une caprice qui m’emporta. Une expérience !? Quel mot grisant ! on se console avec, chaque fois que la défaite soit une réalité.
-Gahtan, tu sais, je le fis tombé dans mon piège.
Il se retira d’elle, en respirant, et alluma une cigarette. Ces yeux étaient rougi par la fatigue.
-Tu ne t’ennuie pas des hommes, sale pute.
En couvrant ses jambes écartelées, elle répliqua- En les humiliant, je trouve le plaisir, de se venger de mon drame.
-Et est- ce que tu arranges les choses comme ça ?
Elle répliqua, en haussant les épaules- je ne sais pas.
La plus importante chose qui me préoccupe maintenant est la suivante ; est-il possible que la femme soit une compensation complète de l’échec politique ? Suffit elle pour cicatriser toutes les blessures ? Mais quelle femme peut présenter ça ? Tu sais Hasson, j’ai peur d’une autre déception, après la quelle je ne pourrai plus remonter, tu ne croix pas qu’on a eu suffisamment notre part de l’injustice et de désaveu ?
Quel malheureux je suis, en jouant mon rôle fatiguant, dans cette pièce !?
-Est-ce que tu te sens coupable ?
-Pourquoi ?
-Parce que je ne suis pas libre.
-Mais qui est libre dans ce pays ?
Beaucoup de choses se sont passé, et malgré les années et les évènements mon désir affamé d’avoir un rapport sanglant avec les choses persiste en moi, un rapport qui tordrait les os et qui pulvériserait les nerfs. Je l’ai voulu en politique, mais leurs effondrement indigne m’a fait cracher d’orgueil, et à mépriser les moments que j’ai passé avec eux, avec une vrai enthousiasme.
Mon corps est maintenant allongé par terre dans ce prison encombré, avec ces hommes qui ne s’entendent absolument pas, sur leurs bavardages et leurs disputes quotidiennes futiles. Et je ne sais comment ils se sont réuni sous le même slogan politique. Un air étouffant se dégage ; un mélange d’haleine et de sueur des corps qui n’ont pas été lavé depuis des mois. Par terre est rempli de déchets humains, du crachats. La fumé des cigarettes ne trouvent aucune issue pour se dégager. Et la plus simple des choses que je peux attendre, quand j‘ouvre mes yeux après un court coup de barre, c’est de trouver une puce collée sur mon cou, ou un pou qui se promène sur le col de ma chemise, après avoir sucé mon sang. Mais une seule blague racontée par ‘Alwan Alhalag, de sa manière simple et gaie, allégeait l’impacte des événements « Certains se réveillent le matin, avec une fille douce comme du soie entre les bras, quant à moi, je me réveille avec les grands pieds de Karim entre mes bras, quel destin noir m’a conduit ici ? ».
les quatre coins du halle envoient L’écho des éclats de rires sombres qui se dégagent amèrement et lentement des détenus, les blagues et les commentaires se répètent pour calmer les corps battus. Je sais parfaitement que ma rébellion est tenace, je suis un rebelle authentique qui ne souci de rien. Et c’est pour cela que ma vie était une série de problèmes et de déceptions, mais je sortais toujours et chaque fois sans tirer des conclusions. Le jour où j’ai connu Assil Omran, j’ai voulu être avec elle de tout mon cœur, on s’est unifié en un seul cours, en un seul joie, et le parti étais notre monde. Je me suis plongé loin, jusque la fatigue s’empara de mes pas, le salut étais dans nos moments de dialogues tendres qu’on saisissaient des réunions de l’organisation. C’est comme si ma tête se reposait, alors, sur une oreillette en soie et en chant.
Mais me voilà aujourd’hui parmi eux devant un destin commun, ma personnalité est devant une grande épreuve. Et le moindre signe de faiblesse est fatale, pour que je reste humilié jusqu’au mort.
de temps à l’autre, Assil visitait son frère, je lisais la défaite et la déception dans ses yeux battus.
Jabir almoussoly allongea ses jambes et bailla à haute voix, puis murmura en racontant l’aventure qu’il a eu le matin- C’est une femme qui vaut tout ce journal avec ses rédacteurs arrivistes. et quand karim resta sans manifester d’intérêt, il lui insulta en disant- Tu restera rêveur et imaginaire jusqu’au jour de jugement.
Je retourne vers Majid Omran, qui, en s’allongeant à côté de moi, fumait et respirait profondément la fumé. Son visage maigre se dressait pâle et fané.
-Majid.
-Oui.
-Est-ce que tu as déjà aimé ?
-Qu’est- que tu es antipathique, Karim ? quel amour ! alors que nous sommes prisonniers, entre ces putains quatre murs.
Et je répliqua- Ne te crispe pas comme ça, en fin, parlons de nos belles choses aux moments de désespoir.
- Et est-ce que l’amour fait partie de ces belle choses là ?
-Où tu la mettrais alors ?
- Je ne sais pas, dit-il en hochant la tête.
En s’appuyant sur son coude, son visage étais à la même hauteur que le mien. Majid dit, alors- L’affaire ne mérite pas d’être caché aussi longtemps, celle que je veux a son papa, ici, avec nous.
Karim- Qui est-ce ?
Majid- C’est Hammed Alsh’alan.
Hamid Alsh’alan étais un vieux enseignant, retraité à la fois du travail et de la politique, mais son passé lui courtait derrière, il a été conduit avec nous ici. Malgré qu’il est déjà prisonnier de sa maladie ; le rhumatisme et l’asthme chronique.
Le voilà, il passe son temps entre le prier et le sommeil. Des fois, quand il voit quelque chose qui n’est pas à sa place, il donne des ordres et fait des commentaires c’est tout.
Majid répliqua- toi, tu me plais Karim, tu sais pourquoi ? c’est parce que tu n’ es pas tendu, tu reste naturel contrairement à beaucoup ici.
-Je ne te responsabilise pas du tout, c’est moi qui s’est précipité dans la piège,
-Les choses sont évolué rapidement et notre vie s’est compliqué.
3.
Mariam soupit en prenant l’agrafeuse de mes mains, et dit- Notre société coopérative est endettée envers la télévision nationale d’un grand somme pour les publicités.
J’ai dit- Nous sommes à l’époque de la publicité, madame !
Son visage étais crispé, je devenu que son mari a passé beaucoup de temps au lit avec elle, en lui faisant l’amour. Je sentis un dégoût. La femme que je veux, se fait prendre tous les soirs, et sa poitrine apetissant se fait écrasé une dizaines de fois par des sabots des chevaux. J’éloigna mon regard, je ne peux plus continuer à la regarder, elle est violée, on l’a occupé et dévasté avant moi. Elle me parla de son frère qui travail comme diplomate, de son père qui s’est suicidé, et de son mari qui souffre du rhumatisme. Et moi, je lui parla de l’angoisse, de la défaite et d’Assil Omran dont tu m’annoncé le nouvel de son mariage. Je me demande maintenant ; comment les choses se sont déroulé aussi vite, Hasson ? Et comment ils étaient escomptés selon cette étrange incohérence. Comment s’est passé tous cela ?
-Mariam, écoute cette histoire.
-vas y raconte.
-Hier, j’étais dans un taxi, il étais minuit dépassé, comme d’habitude, j’étais très dégoûté et j’ai voulu faire quelque chose qui pouvait disperser mon dégoût, tu sais qu’est-ce que je fis ? Elle leva la tête en s’interrogeant. Je dégainai mon couteau et je l’approchai de son gorge, en hurlant- combien d’argent as tu ? Le chauffeur se tut.
-Pourquoi tu ne parle plus ?
Trois Dinars, répliqua-t-il avec une voix effondrée.
Je ne pus retenir un rire aiguë emprisonné en mon intérieur, il s’éclata, malgré moi, en vibrant au fond de la nuit.
Puis je dit, en souriant- Je plaisantais avec toi, tu croyais que je suis un voleur ? De nouveau je me suis éclaté de rire, il s’est détendu et dit- Tu m’a apeuré réellement.
-Et pourquoi tu as fait ça ? S’interrogea Mariam.
En baissant la tête, Karim répliqua- Je bois mon sang !
-Pourquoi je ne t’ai pas rencontré auparavant ? Où est-ce que tu m’ étais caché ?
En levant la tête, il dit- Si c’étais arrivé, tous ces problèmes n’auraient pas eu lieu.
-Est-ce que tu as vraiment envie de moi ? Ou bien, je ne suis que, simplement, une aventure pour réparer ton échec.
-Croix moi, j’haie d’expertiser mes dons sur toi, et d’ édifier mes restes effondrés sur tes ruines.
-Mais qui corrige la grande faute ? Dès le début, toutes étaient mal construits pour nous, mon mariage, ta détention, notre amour, par où commencer la réparation ?
-J’ai voulu me sauver et sauver mon âme pleureuse, écrasé, et qui ne connaît plus le salut. Je ne suis pas un prophète, non, je suis une simple personne que les organisations ont entaché par leurs slogans et leurs bouffonneries et l’ont conduit dans la prostitution. Ils ont usé ma santé et ma jeunesse. Aujourd’hui j’essaie de trouver le salut, voilà c’est tout, mais comment ?
Allwan Alhalaq s’est mis à faire des exercices, sa respiration s’accélère. Pas loin de lui un groupe de détenus se rassembla, ils jouent aux cartes pour faire passer leur temps calcifier. Alors que Majid s’est mis à tourner des pages colorées d’un cahier, je me suis mis à me raser, Allwan Alhalaq se manifesta et dit
-Quand nous sortons du centre, je te couperai les cheveux gratuitement, je te ferai une belle coupe qui mettra en évidence toute ta beauté.
-Quand ça ?
- ça dépend, selon ta chance.
Les gardians bavardaient devant les portes, on entendaient certains de ce qu’ils racontaient, après avoir terminé de me raser, j’accrochai la miroir, et en donnant un coup de pied à Allwan Alhalaq, je lui dit-laisse-moi passer. Tu croix que nous sommes dans un centre sportif ou quoi ?
-Mon corps s’est calcifié, et j’ai besoin de faire du sport, comme j’ai besoin de voir ma mère, répliqua-t-il.
Je me suis dirigé vers la fenêtre, je contemplai le ciel ; il était bleu et claire, malgré le froid et la pluie attendu ces jours-ci. Je retournai et je me suis assis à côté de Majid Omran pour terminer une discussion que j’avais entamé avec lui en se rasant.
-Si tu prends tous les habitants de notre ville, tu trouveras qu’ils sont tous des paysans qui ont peuplé Alnassiriya, après être trahi par leur terre, et aucun entre eux ne pouvait manger plus qu’un repas par jour. Donc, je croix que notre enthousiasme vient de là, de notre conscience sur la question des classes sociales . l’effort de mon père n’équivalait pas un quart de Dinard par jour, pourtant il creusait les canaux, tournait la terre et gardait le champ toute la nuit, il avait faim, froid, et tombait malade. Et si j’ai pu être fonctionnaire avec un salaire modeste qui m’octroie le confort, ce ne m’éloignera pas de mon appartenance à un clan affamé englouti par la sécheresse de sa terre avant qu’il récolte ce qu’il y avait semé.
Allwan Alhalaq tendait l’oreille et écoutais ce que je disais, quand j’ai fini, il commenta.
-Est-ce que vous êtes revenu de nouveau pour discuter ces théories vides ? La réalité est autre chose que vos bavardages, et ce sont elles qui nous ont conduit à l’échec qu’on subit maintenant, vous les intellectuels, vous êtes la source de notre malheur, pourquoi ne pas nous laisser tranquille et retirer vos ordres qu’on refuse.
Il partit avant que je réplique, et Majid murmura, en disant.
-Il a raison, il dit la vérité, notre malheur ; c’ est qu’on sait parler et on accepte l’excuse et la rationalisation des choses. Aux jours de la victoire nous sommes au premier rangé, et nous sommes les premiers à fuir aux moments de la défaite.
Pour changer la cours de la discussion je lui demandai- Est que Hamid Alsh’alan est au courant de fait que tu veux sa fille ?
Majid grata ses cheveux et répliqua- il ne s’oppose à rien, et il m’avait bien accueilli quand je demanda la main de sa fille, mais il voyait que l’affaire soit reporté jusqu’elle termine ses études secondaire cette année.
-Tu sera libéré prochainement et tu te mariera, et si je suis libre à ce moment là, j’assisterai à la fête de noce.
Il me demanda amicalement- Je pense à des choses qui se sont passé brièvement, et il faut mieux que je les étudie bien peut-être que je sauverai ce qui reste de moi.
-Le fait d’insister à changer d’avis tous le temps est la maladie qui nous fera toujours mal, mais s’on a une tête capable de s’assouplir, quand il faut, alors la vie sera plus calme.
-Je cherchais et souffrais toujours, je participe aux manifs et aux réunions, je lis les livres, je me soûle, je tombe amoureux, je fréquente le bordel sans cesse, j’ai voulu être en contacte chaleureux avec la vie et je me renoue avec, mais j’ai découvert que je perdais inlassablement cette vie.
Majid Omran se dressa avec son indexe en l’air, en disant- Tu es intelligent Karim, et c’est ça ton malheur.
(Au nom de Dieu le miséricorde et le Clément.
Mon frère aimé Karim.
Après mes salutations et vénération. Je demande qu’Allah le Très-Haut donne à toi, à nous et à tous les musulmans la santé et la force, et qu’il unifie leur parole après autant de divergences.
Je t’annonce la nouvelle de notre voyage vers les lieux saint pour le pèlerinage, le mois prochain, pour répondre à l’appel d’Allah et s’attirer les bonnes grâces de son demeure et pour respirer la fragrance de son prophète le généreux, oncle Hamid Alshalan m’accompagnera et il te met le bonjour, et demande souvent d’après toi. J’ai oublié te dire que Majîd Omran s’était marié avec la fille d’oncle Hamid Alshalan, et nous avons passé les premiers jours de noces à Bassora, on espère fêter le tien bientôt.
Ton frère Hassoun Alsalman).
Tu es sincère et du bon fois Hasson, moi je suis le seule qui resta sans certitude, tu as pu te réfugier dans la religion comme l’a déjà fait Hamid Alsh’alan. Maintenant tu peux vivre en tuant l’angoisse qui te rongea le cerveau, qui imaginait Hasson Alsalman comme un Derviche religieux. Ne me parle pas de l’enfer et du paradis s’il te plait. je te prie tous simplement à m’écouter et à comprendre ce que je dis au moins. Je me torture chaque fois que je sens que les empreintes de son mari sont sur tout le corps, je les imagine comme des bouches ouvertes se moquant de moi et de mes affections que je sema dans cette terre marécageuse, et combien j’espère qu’elle se métamorphose de nouveau comme la fille de notre voisin que je drague partout et à qui j’envoie des lettres d’amour, écrite sous les lampes des rues, oh Hasson que faire ?
Il était midi. Karim Alnassiri regardait les filles entassées dans l’arrêt du bus en face d’une école des filles. Il se mit à explorer les visages et fixa le regard sur une blonde qui était en arrière rangé. Il contempla, avec un désir fiévreux, son beau corps, le cou et le visage qui se dressait avec fierté. Et quand leurs regards se sont croisés, il sourit et elle répondit avec un sourire timide. A ce moment là, le monde s’enflamma, par l’éclat de ses yeux anatoliens. Çà lui a fait penser à l’image d’Hélène l’héroïne de Troie, celle qui enflamma la grande tentation, et qui a fait de milliers de cavaliers des victimes. Il s’est sentit petit devant ce respect magistral qui l’entoure, et qui fait des victimes de l’histoire et des caravanes des captives des offrandes non comptés.
C’est la première fois qu’il la voit, lui qui est habitué à beaucoup de visages ici, à force de prendre le même bus qu’elles.
Quand elle lui lança de nouveau un regard court, elle croisa son sourire qui perdurait encore sur ses lèvres, elle se baissa vite le regard, sans lui faire boire de la source de ses yeux claires, une deuxième gorgé.
En descendant du bus, Il l’a suivi jusqu’à une maison récemment construite, elle se retourna avant de s’éclipser, sa longue silhouette, qui, traversait la rue avec des lents pas, la salua.
Les histoires et les mots se mêlerons pour toi, et je t’annonce maintenant, que, cette fille est d’une autre gendre des femmes, tu ne les rencontre pas tous les jours. Elle s’est imposée à moi avec un seul regard, et peut-être je l’oublierai après quelques minutes ou je la suivrai jusqu’ à la fin.. ouiii, rigole, rigole-toi Hasson, je t’offre gratuitement des blagues, un des grands penseurs n’avait il pas dit qu’ on écrit la comédie après une grand défaite ?
4.
(Mes bien aimés, que vous êtes devenez après nous.
Qu’est-ce qu’il y a dans nos mains qu’on peut faire.
Le temps nous éloigna de vous.
Je me rappelle de vous, chaque soir et chaque matin).
Le silence se dissimula de nouveau, et la voix de Mohssine Khalil continua à saigner, assoiffée, en répétant ce chant de la compagne, que les profondeurs du sud regorgent. Et qu’écoutent les cœurs des hommes qui ont laissé derrière eux des longues histoires inépuisable.
Je criai de mon for intérieur -Allez Mohssine, détruit toutes les obstacles, fait nous émerger dans ta déluge, purifie-nous de nos hontes et de nos péchés.
Et Majid Omran commenta- le chant est la voix du cœur qui palpite, la vie s’arrête quand il s’arrête.
La voix s’éleva à chanter, en sanglotant, pénétra dans la moelle, et parti loin dans le passé, le présent et dans le futur, dans les bavardages et les silences, dans la liberté et la détention. J’ai senti, à ce moment là, un désir pour toucher les mains d’Assil Omran et se promener avec elle au bord de l’Euphrate au ouest d’Alnassiriya, un désir profonde pour faire revivre un des tels soirs que la détention assassina et submergea.
Une des telles rencontres qui empreignent le sang, se dessine devant moi. L’Euphrate s’allongeait devant nos yeux, comme un grand serpent, il se tortillait d’Almouhaya jusqu’au nouvel parc que la municipalité de la ville avait construit. Les barques sportifs partaient, joyeuses, de centre sportif des étudiants, et j’espérais, à ce moment là d’être dans une des ces barques pour sillonner le fleuve endormi et partir loin avec les vagues.
-Imagine le spectacle ; toi et moi dans une de ces barque, et je pose ma tête sur ton épaule, murmurais-je.
-J’ai déjà dessiné une dizaine d’images de ce lieu, à la mémoire de nos rencontres.
-Je vaudrai poser ma tête sur ton épaule non dans une barque mais dans le lit.
Elle pinça ma main en criant- Tu n’as pas honte.
-Et pourquoi avoir honte.
-Pour ces mots dépouillés.
En caressant sa joue, je murmura- elles sont inspiré d’un roman pornographique qu j’ai lu cette semaine, et puis n’est- ce pas la fin de désir que chaque un a pour l’autre ? Tu croix que je te mettrai devant moi seulement pour te contempler ?
Tu dois avoir honte un peu.
Oublie les histoire que tu as lu dans les livres, car beaucoup d’histoires d’amour fiévreuses se sont terminés après le mariage parce que un des partenaires étais impuissant.
Karim se dégoûta et arrêta de continuer son travail, se leva de sa chaise et la regarda d’haut, puis il se pencha sur elle et approcha son nez de ses cheveux, il sentit son odeur, puis, il songea à l’embrasser, mais il étouffa son désir et retourna à sa place. Mariam se leva et s’est mit à tourner dans le bureau, en portant quelques dossiers d’une place à l’autre, et le bureau s’emplit de sa charme féminine séduisante. La douleur s’empara de Karim, quand il se sentit incapable de l’embrasser.
-J’imagine que tu veux faire de moi un titre d’une aventure, n’est-ce pas ?
-Pourquoi tu ne veux pas admettre que tu es la seule vérité dans ma vie en chaos.
Elle était occupée à regarder les dossiers qui sont entassés devant elle.
-Hier, j’ai passé une heure à suivre une fille qui te ressemble.
-Montre la à moi, et je la demanderai au mariage pour toi.
-je n’échangerai pas Mariam l’authentique contre une centaine de fausse copies.
Elle s’arrêta de travailler, s’appuya sur le bureau par ses coudes, et lui demanda
- Et si tu découvre un jour, que je ne mérite pas cet amour que ferra tu ?
- Supposant ?
- Je te détruirai.
( comment je l’aurai avec plénitude ? Que je l’aime ou que je suis habitué à elle, dit tous ce que tu veux Hasson, tu imagines, je suis même habitué à l’odora qui se dégage de son corps, quand elle transpire en ces jours chauds d’été, le fait que je la quitte et que je part loin d’elle est devenu une chose impossible, aujourd’hui )
-Tu nous cassas la tête avec ton silence, rétorqua Jabir Almoussoli.
- Je suis vraiment blessé, répondit Karim avec une voix misérable.
- Allons boire, nous avons terminé notre travaille tôt ce soir.
- Ce n’est pas mal.
Ils empruntèrent une ruelle qui les amena vers le bar de « Alsoulaf », à « la porte de l’orient »
****
Elle le foudroyait du regard jusqu’il tombait comme une étoile filante. Il s’approcha d’elle, alors que elle attendait le bus, elle imposait sa présence sur les autres, qui, apparaissaient à côté d’elle, comme des vieux statuts dans un temple abandonné. Il lui fit la course depuis qu’il la vit, ce midi, chaud-là, il se tacha de la suivre, dans le bus, dans la rue. Alors qu’elle surgissait, comme un grand pavois du désir et de l’orgueil, devant laquelle la virilité d’aucun homme ne résiste. Dès qu’il la voit, il sent la palpitation de son cœur s’accélérer, le sang s’engouffrer dans les artères, il désire l’embrasser et l’avoir devant tous le monde.
Dans le bus, il s’assit près d’elle, côte à côte. Elle mettait ses livres sur ses genoux, et plus le bus avançait, plus il s’approchait d’elle. Un moment après, elle tira un cahier de son cartable, et il put lire son nom sur le cahier. Yossry Tawfig.. Il répéta son nom comme s’il récitait des prières.
( Pourrai-je sauver mes restes par elle ? Vois-ci, une fille magnifique et vierge devant moi, pourquoi ne commence-je pas de nouveaux avec elle, un début sincère ? Et ainsi je me laverai de vous, d’Assil Omran, de Mariam Abdallâh, du monde et de mes jours dégoûtants.)
Quand le contrôleur vint, il acheta deux tickets et les garda dans sa main, quant à elle, elle sortit son ticket de son cartable, et le montra au contrôleur, puis le garda dans sa main. Un moment après, il prit le ticket de sa main et le déchira, sans dire un mot, puis lui tint un des tickets qu’il avait acheté. La pièce se déroula en silence. Après un moment de silence perplexe, il se retourna vers elle, ses regards perdus entrèrent, alors dans le foret de ses yeux anatoliens, ils s’y enfoncèrent et tissèrent une épopée du désir refoulé.
( Quand je lui souris, elle me sourit. Et la brise de ce sourire me caressa le visage avec une charme prenante, je me mis à regarder ses longs doigts, dépourvus de bagues, je me rappela de doigts de Mariam, et la bague de ma fin cachée entre ses mains. Est-ce que Assil Omran est morte ? Peut-être, tu me poseras cette question, Hasson ? Mais elle est une partie de vous, je l’enterrai avec vous dans un seul caveau. Je suis partagé maintenant, et chacune des parties est abjecte, et me voilà aujourd’hui, perdu entre ces contradictions, sans qu’une sagesse me conduit.. je désir d’avoir une relation sanglante avec Yossry, de l’aimer, de l’épouser de…Je ne sais quoi ? Oh, Hasson, je sens que je me brûle, mes vêtements m'étouffent.)
Quand Yossry descendit du bus, il était derrière elle, il était inquiet, il la suivait lentement, jusqu’elle arriva à la porte, avant d’entrer, elle se retourna et lui sourit.
5.
-Vie aisément Karim.
-Est-ce la solution ?
-Tu croix que je suis forte, et que je peux effacer tous quand il faut ?
-peut-être.
-Alors tu as tort. Puis elle regarda l’heure et se rappela de son rendez-vous avec Gahtan, elle s’excusa et sortit.
-Où vas tu ?
-Ma fille est malade et je vais l’amener chez le médecin.
La nuit étais à son début, nous venons de terminer le seul repas composé de morceaux de pains secs, de poignés de dattes et de quelques boites de conserves. Trois d’entre nous se mirent à faire la vaisselle, pendant que les autres buvaient du thé, le cahot des cuillères dans les tasses se leva et emporta sur toute autre vacarme. Tout d’un coup, les mains s’arrêtèrent, quand nous entendîmes une voiture entrer dans la cour du prison. Un officier en descendit, avec une mitrailleuse à la main. Il sortit un papier de sa poche et commença à appeler, à haute voix, des noms de quelques détenus, il y avait, entre eux, le nom de Hamid Alshalan, Mohssin Khalil et moi-même. Il nous demanda de se préparer et de rassembler nos affaires en cinq minutes, pour être transféré à une autre centre de détention.
Malgré le beau temps et le repli du froid, la pluie persista, en rebellant à la loi des saisons et n’accepta pas à soumettre aux jours chauds de l’été qui s’annonçaient. La bruine se mit à rincer le visage de Bagdad ; ses minarets, ses bus, ses femmes parfumées et ses hommes essoufflés. Cette bruine encouragea Karim à reprendre son ancien ferveur ; rôder dans les rues. Et pendant que tous le monde se mit à courir pour se réfugier sous les terrasses des magasins et les arrêts des bus, Karim alnassiry resta planté au milieu de la rue en se baignant dans son euphorie. Puis il se dirigea vers le grand parc d’Alkazimiya, et se mit à marcher sur le passage principal. Le parc étais vide, il n’y avait qu’un chien rouge qui se couchait sous un grand caliptus. Il se dirigea vers un banc, il enleva son veste, se jeta sur le banc et donna ses yeux au ciel, il regarda les nuages mouvantes, des oiseux, le soleil, des arbres pépinière de fleurs qui se baignaient dans la pluie et dans la lumière, il se sentit vivant, et qu’il respire, il ferma les yeux.
Que Miriam Abdalla meure, ou qu’elle soit une prostituée dans le bordel, qu’Assil Omran disparaisse, et que Yossri Tawfiq aille à l’enfer, que toute chose soit à l’inverse de ce qu’elle était auparavant, et que mes rêves soient impossible, je ne regretterai jamais, …et que…
( Mon cher Karim.
Nous retournâmes, oncle Hamid et moi du pèlerinage, il y a deux jours, après avoir eu le baraka d’Allah, nous retrouvâmes la paix, et la foi. Nous avons eu certains difficultés pendant le voyage, car l’oncle Shalan était malade. Pourquoi tu ne viens pas nous dire bonjour ? Tu nous manque beaucoup, viens, la ville n’a aucune rancœur envers toi, et elle t’accueillera le bras ouvert comme elle le fit avec d’autre. Le hadj Shalan te remet son bonjour, et il y a une autre nouvelle ; Mohsin Khalil a été libéré, et il te passe le bonjour, et il a envie de te voir.
Hadj Hasson Assalman.)
Quand nous rentrâmes dans le nouveau centre de détention, on le trouvâmes plus spacieux que le premier, avec plus de fenêtres.
Hasson Assalman était parmi ceux qui nous accueillerent.
-Salut Karim.
-Salut Hasson. Nous embrassâmes. Ses yeux perla de larmes, je lui dit en lui tapotant l’épaule- Oh l’ancien combattant, voilà, que nous sommes réuni enfin.
Il cria avec sa voix âpre-Je ne sais pas quel est mon malheur, ils m’arrêtent tous, et chaque fois qu’il y a un coup d’état, il me vise et me considère parmi leur ennemis.
-Ne t’en fais pas, tu n’es pas le seul innocent ici.
-Pourquoi, ne comprennent-il pas, que je n’ai plus de rapport, je n’ai plus rien ?
-Quand ils sauront cela, ils te libéreront.
-Mais quand ?
D’autres détenus se rassemblèrent autour de nous, et nous échangeâmes les salutations, et soudain le visage de Riyad Qassim, mon élève courageux et révolutionnaire, se dressa devant moi et me dit-Ici, le temps est lourd et est monotone, mon maître, mais je le fais passer en écrivant des poè